Valérie Planque est formatrice en agriculture urbaine pour le projet Paysage Solidaire de Y’a QuelQu’un l’aut’bord du mur.
Elle anime des ateliers d’horticulture dans cinq CHSLD de l’arrondissement de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Margot Eli, journaliste interne de YQQ, l’a rencontrée pour mieux comprendre le fonctionnement et le principe de ces ateliers…


Margot: Bonjour Valérie, merci de prendre le temps de répondre à mes questions entre deux ateliers.
Pourrais-tu m’expliquer ce qu’est un CHSLD et ce que tu y fais?

Valérie: Les centres d’hébergement et de soins longue durée (CHSLD) accueillent des résidents-es adultes en perte d’autonomie qui ne peuvent plus vivre dans leur milieu habituel. Lors des ateliers, les groupes sont assez hétéroclites.
Nous avons été mandatés par le CIUSSS de l’Est-de-l’île-de-Montréal pour intervenir dans 5 CHSLD de l’Est de Montréal en donnant des ateliers d’horticulture aux résidents-es. [1] Il s’agit d’un mandat de 15 semaines. Avec les participants, nous nous occupons des jardinets, nous les entretenons, plantons, récoltons, etc.

M: Qu’est-ce que vous faites plus précisément pendant les ateliers?

V: Les ateliers proposés sont toujours en lien avec le jardin.
Nous faisons de la plantation dans des bacs ou des pots. Certains bacs sont adaptés aux personnes à mobilité réduite. Nous utilisons les espaces disponibles pour planter des légumes tels que des tomates, des concombres et même des aubergines ou encore des fines herbes. Une fois la récolte terminée, nous ferons également des ateliers de dégustation : barbecue, salades, limonades…En attendant que ça pousse, nous nous occupons du jardin. On l’observe, on l’entretient, on enlève les mauvaises herbes, on aère la terre avec les mains, on fait attention aux plantes, on remet de l’engrais au besoin, etc. J’aime que les participants-es puissent venir une fois par semaine dans le jardin et se l’approprier.

L’atelier est parfois agrémenté d’une activité créative. Par exemple, il nous arrive de peindre des pancartes pour identifier les plants, ou de créer des « le saviez-vous ? » pour les autres résidents du CHSLD. Quand il pleut, on fait des ateliers intérieurs, comme un atelier de micro-pousses, ou de semis. L’objectif est de manipuler un maximum de choses et de transmettre aux participants des notions nouvelles, pas toujours évidentes, mais toujours de manière pédagogique et simplifiée.

« Le contact avec la terre rend tous les participants heureux.« 

M: Les participants-es ont-ils des connaissances en jardinage?

V: Parmi les personnes âgées, il y en a beaucoup qui ont déjà eu des jardins. L’activité leur fait donc très plaisir, car ils renouent avec des souvenirs, des sensations… Un échange de connaissances se fait parfois, c’est vraiment chouette!
Parfois, on pousse un peu l’apprentissage, même si c’est plus difficile. Par exemple, pour certains-es, il était impensable de faire pousser des micro-pousses en semant des graines à la surface du terreau et de les manger sans attendre les légumes!
Le contact avec la terre rend tous les participants heureux. La participation est grande, le sujet les intéresse et j’essaye de répondre à toutes leurs questions…

M: Combien de temps durent les ateliers?

V: L’activité en elle-même dure entre 45 minutes et 1 heure. Parfois, au-delà de 45 minutes, il devient plus difficile de canaliser l’énergie du groupe, alors nous nous adaptons.

M: Travailles-tu toute seule?

V: Lors des ateliers, je suis accompagnée de Myriam, qui est stagiaire pour Paysage Solidaire. Nous nous arrangeons pour qu’il y en ait toujours une qui explique et l’autre qui fasse les manipulations, ou se place auprès des participants pour répéter, canaliser l’attention, etc.
C’est un travail d’équipe. Toute seule, c’est parfois difficile de capter l’attention de tout le monde. Lors de la manipulation, c’est important d’être proche des participants pour les aider, rappeler les consignes, corriger au besoin, etc.

M: Qu’apportent ces ateliers aux participants-es d’après toi?

Nos animations dans les CHSLD concernent des personnes qui ne sont pas ou plus forcément des citoyens-nes engagés ou des acteurs-trices du changement.
Cependant, faire ces animations les fait re-rentrer dans le monde actif, même un petit peu, et c’est très important pour eux. Une fois par semaine pendant une heure, ils vivent quelque chose de différent, sortent de l’isolement. Ça leur fait du bien de créer un lien avec la terre et de devenir les créateurs-trices de quelque chose…

Pour en savoir plus sur le projet Paysage Solidaire, suivez ce lien : https://info-yqq.com/agricultureurbaine/

 

[1] Les CHSLD  concernés sont : le CHSLD Nicolet, le CHSLD Éloria-Lepage, le CHSLD Benjamin-Victor-Rousselot, le CHSLD Robert-Cliche et le CHSLD J.-Henri-Charbonneau.

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